Début décembre, le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, avait annoncé qu’il allait ouvrir des négociations «sur le maintien du pouvoir d'achat» avec les organisations des fonctionnaires. Pour répondre aux revendications des syndicats, il avait alors indiqué que «le point d'indice», qui sert de base au calcul du traitement des agents publics, serait «au cœur de ces discussions»
(voir notre article du mercredi 5 décembre 2007). Patatras! Lundi, après plus de deux heures de palabres à Bercy, les syndicats sont sortis les mains vides. Il n’y aura aucune d’augmentation générale des salaires en 2007. Et pour 2008, le ministre leur a détaillé un dispositif censé garantir à l’avenir le pouvoir d'achat de chaque fonctionnaire. «Un mécanisme extrêmement novateur de garantie individuelle du pouvoir d'achat» visant à «encadrer l'évolution salariale des fonctionnaires», a expliqué, à la presse, M. Woerth, qui ne veut plus «raisonner en moyenne» mais «en cas individuel». Avec ce dispositif, une «bonification indiciaire» ou une «prime» seront accordés en fonction de catégories de personnel pour «couvrir l'écart entre l'évolution du traitement et celle de l'inflation», a-t-il-précisé. Bon prince, le ministre s'est dit prêt «à regarder ce qu'on peut faire dans le domaine du rattrapage du pouvoir d'achat entre 2003 et 2007» dans le cadre d’une nouvelle réunion avant la fin du mois de janvier.
Tous les syndicats ont rejeté ces propositions «aberrantes». Le gouvernement «veut réduire à néant tout le processus de la fonction publique de carrière et arriver à une gestion totalement individualisée», s'est indigné Gérard Noguès (FO), pour qui, il est hors de question d’accepter un système remettant en cause le statut général et le principe du déroulement de carrière des personnels que seul le raisonnement par le point d’indice peut garantir. FO exige que «tous les fonctionnaires et agents publics puissent rattraper les pertes subies, tant en 2007 (plus de 2%) que depuis 2000 (9%)», sur la base du point d’indice. Les propositions du ministre «ne correspondent pas à ce qu'attendent les agents, agents qui s'étaient pourtant fortement mobilisés le 20 novembre», date de la dernière grève dans la fonction publique, a réagi l’UNSA. La CGC a regretté qu'il n'y ait «rien de concret sur la table» tandis que la CFTC a fait part de son «grand doute» sur la volonté du gouvernement de régler ce dossier. «Personne n'est satisfait. On n'a pas engagé de négociations», a résumé la FSU, avant d’ajouter, «on nous donne de l'aspirine sans traiter les causes de la maladie». Le gouvernement «reste sourd aux revendications», a déploré la CGT, souhaitant une «nouvelle intervention forte des salariés dès le mois de janvier». Et selon FO, cette future action «doit être d'envergure et plus forte que le 20 novembre». Réponse ce soir à l’issue d’une intersyndicale.